L’évaluation des nombreuses expériences de développement conduites par le couple Etat – partenaires au développement ayant conduit à un constat de semi-échec, les principaux acteurs de la coopération multilatérale à l’échelle mondiale ont projeté une nouvelle forme de conduite des processus de développement basée sur un nouveau type de partenariat et impliquant tous les acteurs concernés. L’émergence du concept de la bonne gouvernance répond à une volonté d’établir des rapports fonctionnels entre les différents acteurs du développement de manière à assurer la pleine participation de chacun d’entre eux.

Née de l’accroissement des conflits sociaux à l’intérieur du mode capitaliste de développement et cristallisée autour des intérêts spécifiques des groupes sociaux, la société civile se définit comme l’organisation de la société des citoyens en entités spécialisées afin de porter des objectifs propres à ces groupes. A l’intersection des ménages, de l’Etat et des intérêts économiques, la société civile est une sphère où les citoyens se retrouvent en fonction de leurs motivations, de leurs affinités, de leurs idéaux et de leurs intérêts.

A la fois politique, économique et social (culturel, confessionnel, coutumier, sportif, etc.), le champ d’intervention de la société civile se juxtapose avec celui de l’Etat. Pour une similitude d’objectifs, les méthodes, les moyens et les échéances diffèrent sur bien de points. Très souvent, l’Etat et la société civile se retrouvent face à face. Dès les premiers temps, la société civile est apparue comme un contre pouvoir et devrait investir les secteurs suivants :

  • La participation active au dialogue sur les politiques,
  • La promotion et l’évaluation de la gouvernance locale,
  • la protection des droits citoyens contre l’arbitraire,
  • le contrôle de l’action des pouvoirs publics,
  • la promotion d’une solidarité sociale,
  • l’élaboration et la réalisation de micro-projets à caractère communautaire,
  • la participation au suivi et à l’évaluation du processus de développement,
  • l’influence sur les processus de prise de décision.

De par les missions qu’elle poursuit, la société civile se présente aujourd’hui comme un partenaire à part entière du processus de développement. Selon monsieur Christian Lemaire, représentant résident du PNUD au Burkina Faso, ‘’les OSC sont des groupes organisés constituant des forces sociales qui permettent aux populations de prendre une part plus ou moins active aux activités économiques et sociales… Par son action et sa capacité à construire de larges coalitions favorables au développement, la société civile peut donc exercer une action favorable à l’émergence d’un Etat développeur, efficace dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité humaine’’ (discours à la 2ème session du CES, année 2000).

Au Burkina Faso, l’émergence de la société civile en tant qu’acteur du développement organiquement distinct de l’Etat et du secteur privé date de quelques années seulement. Bien que le concept lui-même soit assez ancien, sa réactivation en tant que thématique du développement remonte à la nouvelle disposition des rapports sociaux à l’intérieur des Etats et à l’échelle mondiale pour faire face aux conséquences de la mondialisation dans les pays du Nord et depuis l’émergence du concept de bonne gouvernance dans le discours et l’action des pays en développement. La participation de la société civile aux différentes étapes du processus de développement reste de ce fait encore très résiduelle. Le principal blocage réside dans le défi identitaire auquel les OSC doivent faire face pour pouvoir jouer pleinement leur partition. La naissance du réseau des organisations de la société civile pour le développement (RESOCIDE) répond à ce souci ainsi qu’à celui de tenter de contribuer à combler un vide/faiblesse institutionnel caractérisé par l’absence/insuffisance d’organisation faîtière des OSC pouvant jouer le rôle de cadre autonome de concertation, d’action et de proposition.